Banque et fintech : vers de nouvelles alliances

Banque et fintech : vers de nouvelles alliances

07/02/2020 - Communication publicitaire Fintech & Marché

Comme chaque année, fin janvier, Paris a accueilli la grand-messe de la finance digitale et de la fintech. Les Fintechs sont, pour rappel, des entreprises qui allient technologie et finance, comme les plateformes de crowdlending ou de crowdfunding immobilier. Plus de 2 700 participants étaient réunis autour de plus de 300 dirigeants, quasi exclusivement des CEOs & présidents de banques, assureurs, régulateurs et bien entendu les fintech. L’édition 2020 était notamment placée sous le signe de l’open banking et du nouveau paradigme qu’il induit. 

Trente milliards de dollars : c’est la somme que devraient atteindre les investissements dans la fintech en 2020 au niveau mondial. Dans ce contexte très porteur, l’année à venir pourrait bien être celle de la maturité, de la consolidation et de nouveaux défis. Pendant des années, les leaders de la finance mondiale ont considéré la fintech comme un grand perturbateur menaçant d'apporter des changements sans précédent à l'industrie. Et de fait, la dernière décennie a vu plus de progrès dans la technologie financière que les cent dernières années. Mais une nouvelle forme de coopération émerge entre les entreprises fintech et les acteurs traditionnels de la finance.

La plateformisation bancaire

Depuis toujours en Europe, le modèle bancaire était un modèle “ mixte universel “ :  la plupart des établissements bancaires jouaient à la fois le rôle de banque de dépôt et de banque d’investissement et proposaient un panel complet de produits.

La première directive européenne sur les services de paiement DSP1, entrée en vigueur en 2009, a levé le monopole des établissements bancaires sur le marché des paiements, donnant ainsi naissance à de petites sociétés financières spécialisées sur certaines opérations. La deuxième directive européenne (DSP2) entrée en vigueur le 13 janvier 2018 mais dont la mise en oeuvre a été reportée, a ouvert à tous l’accès aux informations clients des banques moyennant l’accord des clients. De nouvelles plateformes émergent ainsi, qui feront office d’interface entre les banques et leurs clients et proposeront des produits personnalisés basés sur des données financières et extra-financières. C’est le fameux “ open banking “. Auparavant très réticentes, les banques sont aujourd’hui obligées pour des motifs économiques et réglementaires de développer de nouveaux services, reposant précisément sur l'open banking, afin de générer d'autres sources de revenus et fidéliser leurs clients. La collaboration avec les fintech est aujourd’hui incontournable. 

Selon une étude du cabinet PwC, 82% des banques traditionnelles déclarent qu'elles prévoient d'accroître leur collaboration avec les entreprises de haute technologie au cours des trois à cinq prochaines années. Pour preuve, les grandes banques mondiales comme Goldman Sachs, JP Morgan et CitiGroup sont désormais les plus gros investisseurs en technologies financières de la planète. La start-up française Linxo vient de passer dans le giron du groupe Crédit Agricole, son actionnaire depuis 2015. Il y a dix ans, cette jeune pousse avait développé une application mobile grand public permettant à un utilisateur de visualiser en un clin d'oeil l'ensemble des comptes bancaires qu'il peut détenir auprès de différents établissements et de mieux gérer ses dépenses grâce à un système de catégorisation (alimentation, transports, loisirs, etc.). L'été dernier, Crédit Mutuel Arkéa a quant à lui acquis un autre agrégateur de comptes : le français Budget Insight. De son côté, BNP Paribas a investi dans Tink. « Dans le cadre de ce partenariat, le réseau de banque de détail italien de BNP Paribas, Banca Nazionale del Lavoro (BNL), commencera à mettre en œuvre les solutions de Tink pour l'agrégation des comptes, l'initiation des paiements et la gestion des finances personnelles », explique BNP Paribas. 

« De plus en plus de fintech sont en train de faire pivoter leur modèle. Elles ne s'adressent plus directement au grand public, car les places deviennent trop chères. Elles passent donc en modèle B2B, en fournissant des solutions aux acteurs financiers », témoigne Laurent Nizri, fondateur du Paris Fintech Forum. La plupart des banques traditionnelles ont tiré les enseignements de l’essor des start-ups financières : travail en mode agile, incubation, développement de leurs propres projets… Un rapprochement des cultures qui permettrait d’élargir les partenariats et les synergies face à une menace de taille pour la finance européenne : les Bigtech, qu’elles soient américaines (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) ou chinoises (Alibaba et Tencent).

En effet, les données bancaires sont insignifiantes par rapport aux informations dont disposent les Bigtech à travers les Big Data : les banques n’ont accès qu’aux données transactionnelles, sous certaines conditions strictement réglementées. Les Bigtech, en revanche, obtiennent chaque jour une immense quantité de données personnelles (via les plateformes d’e-commerce ou les réseaux sociaux par exemple). Les géants de la tech voient dans les services financiers un moyen de se rapprocher de leurs utilisateurs en multipliant les interactions avec eux. Ils ne sont à ce jour toutefois pas soumis au cadre réglementaire et prudentiel des institutions financières et pourraient donc faire peser un risque sur le système financier. 

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