Bons d’État : que révèle le succès de l’émission de septembre 2026 ?
04/09/2026 - Communication publicitaire Fiscalité Placement Fintech & Marché
La nouvelle émission de bons d’État belges rencontre un succès qui dépasse les attentes. Après six jours de souscription, 1,32 milliard d’euros avaient déjà été collectés, dont plus de 1,2 milliard sur le bon à un an. Une préférence très nette pour le court terme, qui concentre près de 91% des montants souscrits.
Bon d’État à un an : pourquoi un tel succès ?
L’Agence fédérale de la Dette proposait cette année deux maturités : un an à 2,75% brut, soit 1,925% net, et dix ans à 3,70% brut, soit 2,59% net après précompte mobilier.
Malgré un rendement supérieur sur dix ans, les épargnants ont massivement privilégié l’échéance courte. Ce choix semble traduire une recherche de sécurité, de visibilité et surtout de flexibilité, dans un environnement où les investisseurs restent attentifs à l’évolution des taux et de l’économie.
Sur 100.000 euros placés pendant un an, le bon rapporte ainsi 1.925 euros nets. Un rendement qui répond avant tout à une logique de placement prudent et de préservation du capital.
Pourquoi les Belges ont-ils autant investi dans les bons d’État en 2026 ?
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cet intérêt. Dans un contexte économique et géopolitique encore incertain, les épargnants recherchent avant tout des placements simples, lisibles et perçus comme sûrs. Le bon d’État coche ces différentes cases : il est accessible dès 100 euros, son rendement est connu à l’avance et son échéance courte limite la durée d’immobilisation de l’épargne.
Le choix massif du bon à un an montre d’ailleurs que la flexibilité semble aujourd’hui primer sur la recherche de rendement. À cela s’ajoute un effet d’habitude : après le succès spectaculaire de 2023, (NDRL : le bon d’État à un an offrait 2,81% net et bénéficiait exceptionnellement d’un précompte mobilier réduit à 15% au lieu de 30%), les bons d’État sont désormais bien identifiés par les particuliers comme une solution d’épargne facilement accessible.
Bons d’État de septembre 2026 : une collecte largement supérieure à 2024 et 2025
La collecte est d’autant plus remarquable qu’elle dépasse déjà largement les montants enregistrés lors des précédentes émissions de septembre : environ 403 millions d’euros en 2024 et 441 millions en 2025.
Il faut toutefois se garder de comparer ces chiffres au phénomène exceptionnel de 2023, lorsque l’émission d’un bon à un an avait attiré près de 22 milliards d’euros, portée notamment par un précompte mobilier réduit à 15%.
Le succès de 2026 n’en reste pas moins significatif : il montre que, plusieurs années après le « bon d’État Van Peteghem », les obligations d’État restent bien identifiées par les particuliers comme un placement simple et relativement défensif.
Bons d’État et taxe sur les plus-values : quelle fiscalité en Belgique ?
Cette émission intervient toutefois dans un contexte fiscal inédit. La nouvelle taxe sur les plus-values empêche cette année le réinvestissement direct, via l’Agence de la Dette, du capital du bon à un an arrivé à échéance le 4 septembre 2026.
La raison tient aux règles transitoires applicables aux titres acquis avant 2026. Le bon d’État de septembre 2025 avait clôturé l’année à 99,60% de sa valeur nominale. Son remboursement à 100% génère donc une plus-value fiscale sur laquelle l’Agence doit prélever l’impôt à la source.
Pour Jean Deboutte, directeur à l’Agence fédérale de la Dette, cette situation est regrettable : les investisseurs devront récupérer ultérieurement cette taxe via leur déclaration fiscale, mais ne peuvent pas réinvestir directement l’intégralité de leur capital dans la nouvelle émission.
Ce que le succès des bons d’État révèle sur l’épargne des Belges
Le succès de cette émission montre finalement que la sécurité reste une priorité forte pour les épargnants belges. Mais il souligne également une autre tendance : avec plus de neuf euros sur dix investis sur l’échéance à un an, les particuliers semblent aujourd’hui privilégier la flexibilité à la recherche de rendement à long terme.
Pour les bons d’État émis à partir de 2026, cette problématique fiscale devrait par ailleurs disparaître en cas de détention jusqu’à l’échéance : souscrits à 100% et remboursés à 100%, ils ne génèrent alors pas de plus-value imposable.
Bons d’État de septembre 2026 : taux, rendements et chiffres clés
|
|
Bon à 1 an |
Bon à 10 ans |
|
Taux brut: |
2,75 % |
3,70 % |
|
Taux net: |
1,925 % |
2,59 % |
|
Montant collecté après 6 jours: |
> 1,2 Md€ |
~100 M€ |
|
Part de la collecte: |
91 % |
9 % |
|
Maturité: |
1 an |
10 ans |
Articles liés
Prolongation automatique des prêts : plus de simplicité pour les investisseurs
Chez Look&Fin, nous faisons évoluer nos solutions pour faciliter la gestion de vos investissements et optimiser le temps pendant lequel votre capital...
Lire la suiteFamily offices : quelle place pour l’immobilier dans leurs stratégies d’investissement ?
Comment les familles fortunées à travers le monde structurent-elles leur portefeuille de placements ? C’est à cette question que tente de répondre,...
Lire la suiteTaux d’intérêt et immobilier : quel impact pour les investisseurs ?
Après plusieurs mois de relative stabilité, les taux de crédit immobilier repartent légèrement à la hausse. Une évolution qui ne concerne pas uniquement...
Lire la suiteData centers et immobilier : pourquoi ces infrastructures deviennent stratégiques
Avec l’essor de l’intelligence artificielle (IA), du cloud et des usages numériques, les data centers connaissent une croissance rapide. Ces centres de...
Lire la suiteComment le changement climatique transforme l’immobilier mondial
Personne n’a oublié les vagues de chaleur qui ont frappé l’Europe tout entière cet été. En Belgique, leur impact ne se mesure déjà plus uniquement en...
Lire la suiteTitrisation et intelligence artificielle : pourquoi le financement de la Tech inquiète les investisseurs
Semaine après semaine, les grands acteurs de l’IA ne cessent de mettre les nerfs des investisseurs à rude épreuve. Dernier épisode en date : la sortie...
Lire la suiteL’épargne-pension : un placement “old school” ?
L’épargne-pension porte bien son nom : son objectif est de permettre aux Belges de se constituer progressivement un capital complémentaire en vue de leur...
Lire la suiteImmobilier belge : une normalisation qui invite à diversifier
L’année 2025 avait été synonyme de rebond pour le marché immobilier belge. Mais le début 2026 présente un autre visage. C’est en tous cas les conclusions...
Lire la suiteLa résidence secondaire : pour qui et pourquoi ?
Entrée en vigueur au début de 2025, on aurait pu croire que la suppression de la déduction des intérêts hypothécaires pour les multipropriétaires serait...
Lire la suiteSupportrice de l’investisseur particulier, la VFB se déploie en Belgique francophone
Vous travaillez dur pour votre argent, mais votre argent travaille-t-il aussi pour vous ? C’est par cette question un brin provocatrice que...
Lire la suite