L’épargne-pension : un placement “old school” ?

L’épargne-pension : un placement “old school” ?

11/09/2026 - Communication publicitaire Placement

L’épargne-pension porte bien son nom : son objectif est de permettre aux Belges de se constituer progressivement un capital complémentaire en vue de leur retraite, tout en bénéficiant d’un avantage fiscal. Mais ce placement traditionnel est-il toujours aussi adapté aux nouvelles habitudes des investisseurs ?

Un constat pour commencer, dressé dans le dernier rapport annuel de la FSMA. Dans notre pays, l’épargne-pension demeure un instrument très répandu. Avec un peu plus de la moitié (53%) des investisseurs qui y recourent, elle se place en deuxième position des instruments financiers, derrière le compte d’épargne (85%) et devant les fonds d’investissement (38%).

Une épargne-pension moins populaire auprès des jeunes investisseurs

Mais à y regarder de plus près, force est de constater que son statut pâlit, notamment auprès des nouvelles générations d’investisseurs. L’autorité financière note ainsi que les comptes d’épargne sont surtout populaires auprès des plus âgés. En revanche, les cryptoactifs, les produits dérivés et les ETF – ces fonds répliquant les performances d’indices boursiers – recueillent davantage les faveurs des plus jeunes.

En recherche de plus de simplicité, de souplesse et de liquidité, ces néo-investisseurs bousculent les pratiques. Via les plateformes, comme Look&Fin, ils accèdent à des produits financiers de façon très fluide, souvent à peu de frais, voire sans frais.

Les études du Service public fédéral des Finances confirment cette évolution. En 2016, on dénombrait plus de 2,55 millions de titulaires d’une épargne-pension dans notre pays, soit quasi le double de 2001. Mais ensuite, la tendance s’est inversée, ce chiffre repassant sous la barre des 2,5 millions.

Le recours à l’épargne-pension s’avère aussi beaucoup plus fréquent en Flandre – où près d’un contribuable sur trois détient un compte – qu’au sud du pays et à Bruxelles.

Cette évolution pose une question : alors que l’épargne-pension est conçue pour un investissement de très long terme, destiné à préparer financièrement la retraite, répond-elle encore aux attentes des investisseurs d’aujourd’hui ?

Pourquoi les performances de l’épargne-pension sont-elles bridées ?

Au-delà de facteurs démographiques et socio-économiques – tout le monde n’a pas les moyens d’alimenter régulièrement un tel outil d’épargne –, les raisons de ce désintérêt sont aussi liées à la composition même des fonds, qui peut limiter leurs performances.

De fait, un fonds d’épargne-pension ne peut investir au maximum que 20% de ses actifs en dehors de l’Espace économique européen. De surcroît, alors même que les investissements en actions s’inscrivent le plus souvent dans des horizons de long terme, les fonds d’épargne-pension voient leur exposition à ce type d’actif plafonnée à 75% par la loi.

Or, on le sait, ce sont justement les actions technologiques américaines qui ont porté les marchés ces dernières années. “Force est de constater qu’à l’heure actuelle, l’argent des investisseurs européens afflue principalement vers l’industrie américaine via les ETF”, souligne ainsi Jean-Paul Servais, président de la FSMA, dans sa préface au rapport annuel de l’institution.

Pour un épargnant qui investit avec un horizon de plusieurs décennies en vue de sa retraite, la question de la diversification et de l’exposition aux différentes classes d’actifs est donc loin d’être anodine.

Des frais qui pèsent sur le rendement de l’épargne-pension

Autre point d’attention : les frais.

L’épargne-pension souffre en effet d’un handicap répertorié il y a plusieurs années déjà par l’autorité financière belge : des frais d’entrée et des frais courants plus élevés qu’ailleurs et qui, cumulés, peuvent flirter avec les 3 ou 4%.

Or, sur un placement destiné à être conservé pendant plusieurs dizaines d’années, les frais ne sont pas un détail. Même quelques points de pourcentage peuvent, avec le temps, peser sensiblement sur le rendement final et donc sur le capital disponible au moment de la retraite.

C’est précisément pour cette raison que la question du coût réel d’un produit d’épargne mérite d’être mise en regard de son rendement et de ses avantages fiscaux.

Une réforme de l’épargne-pension encore en discussion

Ne resterait-il à l’épargne-pension que son intérêt fiscal ?

Chaque année, on peut verser sur un compte jusqu’à 1.050 ou 1.350 euros, donnant droit à une réduction d’impôt de, respectivement, 30% ou 25%. Cet avantage constitue évidemment un argument de poids pour les épargnants qui souhaitent se constituer progressivement un capital en vue de leur retraite.

Mais le gouvernement fédéral a en tout cas annoncé vouloir s’attaquer aux faiblesses du système.

Il s’agirait notamment de limiter les frais et de les rendre plus transparents, de faciliter le transfert d’un fonds ou d’une assurance d’épargne-pension vers un produit identique auprès d’une autre institution, ou encore d’élargir la gamme des produits pouvant être inclus dans la structure de fonds et faire ainsi une plus grande place aux ETF.

À ce jour, les négociations avec les banques ont cependant achoppé sur la difficile question des frais. Ici encore, la FSMA entend jouer son rôle, proposant d’établir une task force réunissant banques, assureurs, consommateurs et investisseurs afin de structurer le débat.

Quelles alternatives à l’épargne-pension ?

Préparer sa retraite ne signifie évidemment pas nécessairement choisir entre épargne-pension, ETF ou cryptoactifs. L’enjeu est avant tout de diversifier ses placements et de répartir son épargne entre différentes solutions, selon son horizon d’investissement, son profil de risque et ses objectifs.

Il n’y a donc pas que les cryptos ou les ETF pour servir d’alternative ou de complément à l’épargne-pension.

Le crowdlending immobilier peut lui aussi trouver sa place dans une stratégie de diversification à long terme. Il permet d’investir dans l’économie réelle et l’immobilier sans devoir acheter directement un bien ni en assurer la gestion.

À la différence d’un fonds d’épargne-pension, le crowdlending immobilier repose sur des opérations à durée déterminée et peut proposer des rendements contractuels, réguliers et fixes en fonction du risque pris.

L’objectif n’est donc pas nécessairement de remplacer l’épargne-pension, mais de se demander si, pour préparer financièrement sa retraite, il ne serait pas pertinent de multiplier les sources de rendement et de diversification.

Car après tout, lorsqu’on épargne pour plusieurs décennies, la vraie question n’est peut-être pas de choisir un placement unique, mais de construire une stratégie capable de traverser le temps.

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