Interview : Mathieu MICHEL - Secrétaire d’État à la Digitalisation - L’enjeu capital de la digitalisation des PME.
05/02/2021 - Communication publicitaire Fintech & Marché
“Les métiers traditionnels doivent se digitaliser pour correspondre aux nouveaux comportements des utilisateurs”.
La crise sanitaire a démontré aux entreprises que l’appropriation du digital n’était plus une option. La digitalisation est plus que jamais un enjeu capital pour nos PME. Look&Fin, Fintech pionnière et leader du crédit 100% digitalisé a rencontré Mathieu MICHEL - Secrétaire d’État à la Digitalisation, chargé de la Simplification administrative, de la Protection de la vie privée et de la Régie des bâtiments, adjoint au Premier ministre - pour évoquer ses grandes priorités “digitales” durant son mandat.
Look&Fin : Qu’est-ce que la digitalisation des entreprises pour vous ?
Mathieu MICHEL : C’est évidemment une question très large. La digitalisation des entreprises revêt des concepts très étendus. J’identifie deux éléments.
D’une part, les entreprises du digital, qui ont fait de leur activité un des métiers du digital, c’est-à-dire, tout ce qui concerne le développement du hardware, des logiciels, des data, des données, la consultance du digital. C’est un secteur qui évolue très vite et dans lequel les technologies évoluent tout aussi vite.
Puis, il y a les métiers traditionnels, qui doivent se digitaliser pour correspondre aux nouveaux comportements des utilisateurs. Je parle notamment des processus internes, des outils de gestion, de la relation avec la clientèle et de la communication. Je pense par exemple au déploiement des nouvelles places de marché dans l’e-commerce. Pour ces métiers, la digitalisation concerne plutôt la façon dont on travaille, c’est-à-dire, les programmes ou outils de gestion, les ERP, la gestion de stock, les logiciels de comptabilité...
La digitalisation est donc partout. Dans certains cas, les entreprises du digital et les entreprises par le digital se confondent ; c’est le cas par exemple pour les Fintech. Aujourd’hui, une banque est devenue une entreprise du digital par défaut.
Pour répondre à cette évolution dans mon projet politique, j’identifie cinq axes majeurs : les infrastructures (5G, fibre optique, serveurs, hardware, ….), les compétences (enseignement, formation, recherche, …), l’administration digitale (simplification administrative, création des entreprises, cadre juridique agile, …), la confiance (fracture numérique, contenus nocifs, cybersécurité, …) et les écosystèmes (maturité digitale des entreprises et leadership économique).
Look&Fin : Existe-t-il un état des lieux permettant de savoir dans quel domaine de la digitalisation les entreprises belges devraient le plus investir ?
Mathieu MICHEL : Il existe de nombreux outils d’analyse qui permettent d’évaluer les secteurs les plus porteurs en Belgique. A mon sens, il est pertinent pour un territoire de développer des stratégies de digitalisation qui s’appuient sur les forces existantes et les amplifient.
En Belgique, il est évident par exemple que l’écosystème en matière de santé et pharmaceutique est particulièrement développé. Il m'apparaît donc pertinent d’identifier comment la digitalisation du secteur peut représenter une opportunité de développer des nouveaux ‘écosystèmes leaders', notamment en matière d’intelligence artificielle et dans le domaine de la santé.
Par analogie le secteur de la logistique autour du port d’Anvers ou encore de l’énergie digitale ou la Fintech peuvent représenter des opportunités intéressantes. Mais, nous devons également toujours être attentifs aux opportunités qui peuvent émerger de certains projets de recherche développés par les universités. Il y a des secteurs qui sont évidents, qui ont une spécificité et puis, il y a des secteurs où l’opportunité peut venir de nulle part.
Look&Fin : Quelles sont vos grandes priorités dans ce domaine durant votre mandat ?
Mathieu MICHEL : La vraie priorité des priorités, c’est de moderniser la digitalisation des administrations. L’administration est encore trop compliquée, et les processus et procédures ne sont pas encore suffisamment simplifiés et digitalisés. Je suis convaincu que la meilleure façon de faciliter la vie des citoyens et des entreprises passe par cette digitalisation et simplification.
Ce travail ne peut se faire que d’une manière transversale, en collaboration avec toutes les institutions auxquelles le citoyen est confronté. Ce n’est pas au citoyen de souffrir de la complexité de l’Etat.
Look&Fin : Que pensez-vous du financement participatif et de l’écosystème des Fintechs belges ?
Mathieu MICHEL : L’univers de la Fintech est un univers que je trouve particulièrement créatif et innovant, que ce soit dans le financement participatif, l’utilisation du blockchain ou sa digitalisation. Je le trouve donc très intéressant.
Au même moment, on ne peut pas perdre de vue que, plus encore dans la Fintech que dans d’autres écosystèmes, la confiance est fondamentale. Et donc la collaboration des Fintech et l’Etat revêt un rôle très important pour construire et solidifier la confiance dans cette technologie. C’est le cas notamment avec ‘Itsme’ qui est un bel exemple d’interaction entre une entité privée et l’Etat et qui est clairement un facteur de confiance pour certains logiciels Fintech.
Look&Fin : Ils existent des aides à différents niveaux de pouvoir pour la digitalisation des entreprises, disposez-vous d’un état des lieux et comment concevez-vous la coordination avec les différents niveaux de pouvoir ?
Mathieu MICHEL : Je ne dispose pas, à l’heure actuelle, d’un état des lieux des aides qui sont mises à disposition de nos entreprises, mais, je pense qu’il est indispensable de mieux collaborer pour faciliter leur accès.
L’essentiel pour moi, c’est l’échange, le dialogue, mais toujours dans le respect du rôle de chacun. Le but est, comme je l’ai déjà évoqué, de réussir à donner des accès simplifiés à des aspects complexes de la vie. Simplifier l’accès aux idées est essentiel dans ce cadre.
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