Est-on en train de vivre un krach obligataire ?

Est-on en train de vivre un krach obligataire ?

05/05/2022 - Communication publicitaire Fintech & Marché

Sur le marché des obligations, les investisseurs doivent faire face à une récente accélération de la hausse des taux d'intérêt. En effet, depuis plusieurs mois les taux d’intérêt ne cessent de grimper sur fond de hausse de l’inflation. Des politiques monétaires de plus en plus strictes sont également prévues. Alors, est-on en train de vivre un krach du marché obligataire ? On vous explique pourquoi ce scénario serait d’actualité.

 

La mobilisation sans précédent des banques centrales en réponse au Covid

En mars 2020, pour faire face à la crise sanitaire et à ses possibles répercussions sur la croissance, les banques centrales ont agi avec une ampleur et une rapidité sans précédent. Résultat : une récession contenue mais des bilans des banques centrales qui se sont envolé :

  • Le bilan de la Réserve Fédérale Américaine (FED) est passé de près de 4000 milliards en mars 2020 à plus de 8500 milliards $ en avril 2022. 

  • Le bilan de la Banque Centrale Européen (BCE) - sur la même période - est passé de 4700 milliards € à plus de 8700 milliards €.

Avec les vaccins et une reprise dynamique de l’activité économique, les banques centrales ont pourtant décidé de formaliser cette politique monétaire, bien que les chiffres de l’inflation repartaient fortement à la hausse.

 

Fin 2021, revirement des banques centrales

Mais à fin 2021, la FED a annoncé la fin de ses plans d’achat d’actifs obligataires et une possible remontée des taux d'intérêts. La BCE a tout de suite suivi avec la même annonce.

Ce revirement des banques centrales a eu pour conséquence une forte correction des actifs obligataires. Conséquence de ce revirement, l'année 2021 enregistre sa pire année en termes de performance de l’obligataire : -4,71%, du jamais vu depuis 1999. Tous les actifs obligataires, exception faite du haut rendement américain, ont fini l'année dans le rouge. 

Cette tendance se poursuit depuis le début de l'année 2022 avec une remontée continue et forte des taux d'intérêts.

 

Retour sur le dernier krach obligataire 

Pour comprendre ce qui se joue actuellement sur les marchés obligataires, penchons-nous sur le dernier krach obligataire qui remonte à 1994, lorsque la banque centrale américaine avait décidé de remonter ses taux d'intérêt de 3% à 3,25%. Elle avait alors pris le marché à contre pieds et personne n'était préparé à un cycle monétaire restrictif. En effet, il s'agissait du premier resserrement monétaire en 5 ans. 

Conséquence, cela a provoqué une hausse rapide des taux avec comme corollaire une baisse des prix des obligations.  En moins d’1 an, les taux américains à 2 ans sont passés à 7,7% (+350 points de base) et ceux à 10 ans à 8% soit (+230 points de base). Cette flambée des taux s’est propagée ensuite à tout l’Europe. 

Partout, les détenteurs d’obligations ont alors bradé les anciennes obligataires d’Etat qu’ils avaient en portefeuille déclenchant un gigantesque cycle de perte dans un climat de volatilité généralisé.

 

Que se passe-t-il aujourd’hui ?

La crise du Covid avec la fermeture partielle de l'économie chinoise suivie de  l’invasion de l'Ukraine par la Russie ont provoqué une flambée des prix: l’inflation enregistrée début 2022 aux Etats-Unis a progressé à +7,9% en février et à +7,5% en mars en Europe. 

Ces poussées inflationnistes considérées comme transitoires par les économistes au départ, ont fini par inquiéter les banques centrales. Résultat, les investisseurs s'affolent et sont poussés à vendre leurs obligations car ils craignent que celles-ci ne soient plus capables d’enrayer le mouvement, malgré les hausse de taux envisagée et l'arrêt des programmes d’achat. Les hausses des taux vont certainement avoir aussi des conséquences sur la dynamique de la croissance. Le pire scénario serait une remontée forte des taux qui viendrait casser la croissance mais qui n’arriverait pas à ramener l'inflation sur son objectif initial de 2%, sur le moyen - long terme.

 

Krach ou pas Krach ?

Même si la tendance actuelle n’est pas exactement comparable à celle de 1994, les économistes considèrent que cette progression récente des taux en un peu plus de 2 ans  rappelle fortement celle observée lors du krach obligataire de 1994. La période actuelle ressemblerait donc fortement à ce que l’on pourrait considérer comme une sorte de krach obligataire. Des économistes affirment que nous serions près de dépasser la plus grande correction obligataire depuis les années 1990.

Articles liés

Data centers et immobilier : pourquoi ces infrastructures deviennent stratégiques

Avec l’essor de l’intelligence artificielle (IA), du cloud et des usages numériques, les data centers connaissent une croissance rapide. Ces centres de...

Lire la suite

Titrisation et intelligence artificielle : pourquoi le financement de la Tech inquiète les investisseurs

Semaine après semaine, les grands acteurs de l’IA ne cessent de mettre les nerfs des investisseurs à rude épreuve. Dernier épisode en date : la sortie...

Lire la suite

Bons d’État : que révèle le succès de l’émission de septembre 2026 ?

La nouvelle émission de bons d’État belges rencontre un succès qui dépasse les attentes. Après six jours de souscription, 1,32 milliard d’euros avaient...

Lire la suite

Supportrice de l’investisseur particulier, la VFB se déploie en Belgique francophone

Vous travaillez dur pour votre argent, mais votre argent travaille-t-il aussi pour vous ?  C’est par cette question un brin provocatrice que...

Lire la suite

Un nouveau gouverneur à la FED : pourquoi l’investisseur immobilier est impacté

Peu de Gouverneurs de la banque centrale américaine auront autant fait parler d’eux avant même leur nomination. Sa mise précoce sous les projecteurs,...

Lire la suite

Immobilier super-prime : Paris en capitale de confiance

  Baigné d’incertitudes économiques et politiques depuis plusieurs mois, le marché résidentiel européen s’est découvert un îlot de résistance :...

Lire la suite

La BCE change de cap : faut-il s'attendre à un retour durable de la hausse des taux ?

  La Banque centrale européenne (BCE) a surpris les marchés lors de sa réunion du 11 juin 2026 en mettant fin à son cycle d'assouplissement monétaire....

Lire la suite

Taxer les loyers réels : les plutôt « pour » et les plutôt « contre »…

  Ce n’est un secret pour personne, le gouvernement fédéral belge est activement à la recherche de nouvelles ressources lui permettant de boucler...

Lire la suite

Crédits hypothécaires : pourquoi les banques belges prêtent à perte depuis quatre ans

Selon le dernier rapport de stabilité financière de la Banque nationale de Belgique (BNB), les banques belges accorderaient des crédits hypothécaires...

Lire la suite

Bon d’Etat : le rendement réel en question

  Avec un taux brut de 2,50% (pour un rendement net de 1,75%), l’agence belge de la dette propose en ce moment un bon d’Etat à un an un peu plus...

Lire la suite

Agréé PSFP

Look&Fin est immatriculé auprès de la FSMA en tant que Prestataire de Services de Financement Participatif

Membre fondateur

Fintech Belgium

Membre

Top Management