La relance des PME selon Thomas Dermine

La relance des PME selon Thomas Dermine

22/04/2021 - Communication publicitaire Crédit entreprise Placement Fintech & Marché

Thomas Dermine, Secrétaire d'État pour la Relance et adjoint au ministre de l’Économie du gouvernement fédéral, a répondu aux questions de la plateforme de crowdlending et de crowdfunding immobilier Look&Fin et nous présente sa vision sur la relance économique des PME.

 

Look&Fin : Le plan de relance soumis à l’UE semble donner la part belle à la rénovation des infrastructures, à la digitalisation et à la transition économique. Dans la liste des projets proposés à l’UE, pensez-vous que certains auront un impact direct sur la relance de nos PME ?

Thomas Dermine : Le plan de relance est basé sur les recettes de l’économiste Keynes, qui a permis de sortir les économies de la grande dépression des années 1930. Elles se basent donc sur le rôle de l'État, et sa capacité à consommer et investir, pour créer un effet d'entraînement sur l’investissement privé. Il faut toujours garder à l’esprit qu’un euro d’investissement public se traduit par un euro de chiffres d’affaires pour le secteur privé qui, lui-même, a un effet multiplicateur plus large en fonction des secteurs.

Par exemple, plus de la moitié des projets du plan de relance auront une dimension «infrastructure» qui se traduiront par de la commande publique à destination des entreprises privées. Les carnets de commandes vont donc se remplir car nous allons rénover des bâtiments, nous allons poser des rails de chemin de fer, nous allons dédoubler les backbones pour transporter le gaz, nous allons ouvrir les trottoirs pour faire passer la fibre optique. Les PME bénéficieront de cet effet d'entraînement. Par ailleurs, avec le plan de relance, Nous allons donner de la prévisibilité économique aux entreprises du secteur de la construction. Avec le plan de relance, nous identifions en 2021 les grands projets qui seront réalisés d’ici 2026.

En outre, le plan de relance, une fois arrêté, devrait comprendre une série de projets d’investissement et de réformes favorables plus directement aux PME comme, par exemple, la simplification des procédures administratives, le e-government pour les entreprises et le fonds de transformation de la SFPI (Société Fédérale de Participations et d’Investissements).

 

L&F : Une fois que les entreprises pourront retravailler normalement, quels sont selon vous les ingrédients de la relance pour nos PME ?

T.D.: Les déconfinements passés et ou ailleurs dans le monde montre que le rebond économique peut être fort, une fois que les contraintes sur l’offre sont levées. On le voit très clairement dans certaines économies qui sont déjà passées à travers de la crise. L’enjeu des plans de relance est de maximiser la taille de ce rebond au maximum pour qu’il profite à plein aux PME.

 

L&F : On parle beaucoup de l’épargne dormante des ménages belges qu’on voudrait activer pour soutenir notre économie. Êtes-vous partisan de nouvelles mesures qui viendraient stimuler l’injection de cette épargne dans l’économie réelle et plus particulièrement les PME et si oui, lesquelles ?

T.D. : L’épargne des Belges n’est pas aussi dormante qu’on aime le dire. Elle est prêtée par le système bancaire en prêts aux gens et aux entreprises. La question est plutôt de savoir si cette épargne pourrait être mieux utilisée, tant pour les épargnants que les entreprises. Nous avons constitué avec la SFPI (Société Fédérale de Participations et d’Investissements) un fonds souverain de plusieurs milliards pour aider les entreprises dans leur transformation. Ce fonds sera constitué de façon mixte par capitaux publics et par appel à l’épargne privée (via investisseurs institutionnels). Il n’y a à ce stade aucune indication qu’un incitant soit nécessaire pour injecter directement cette épargne dans l’économie réelle. On entend plutôt des professionnels du secteur qu’il y a abondance de liquidités cherchant des projets d’investissement. C’est un peu le paradoxe de la situation macro-économique actuelle caractérisée par des taux bas et une abondance de liquidité.

 

L&F : Que pensez-vous du système du crowdlending qui encourage les particuliers à prêter leur épargne aux entreprises belges ?

T.D. : C’est un moyen de financement complémentaire et c’est un mécanisme intéressant dans l’adhésion qu’il peut apporter.

 

L&F : Pensez-vous que ce type de financement pourrait être une source complémentaire à certains financements publics ?

T.D. : Pourquoi pas ? Je pense que toutes les sources de financement sont intéressantes à étudier. On pourrait imaginer des solutions qui permettent de coupler plusieurs mécanismes. Il faut cependant être toujours prudent pour conserver une bonne adéquation entre l’outil de financement et la nature des projets.

 

L&F : Il y aurait en Belgique près de 900.000 PME dont un grand nombre est impacté par la situation actuelle. Y a t'il un message que vous souhaiteriez faire passer aux dirigeants de ces entreprises ?

T.D. : Oui, nous finirons par sortir de cette pandémie. Le timing de sortie n’est pas encore certain. Il faut avoir l’humilité de le reconnaître. Toutefois, il faut préparer la relance dès maintenant. Cette crise est d’une violence inouïe pour de nombreux secteurs et pour de nombreuses PME. Il faudra continuer à les soutenir mais elle peut, aussi, être une opportunité de faire un bond en avant dans le cadre de la relance (en matière de transition digitale, environnementale…).

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