Immobilier : Rencontre avec Therecia Landell, Managing Director LANCON
10/03/2023 - Communication publicitaire Promotion immobilière
À l'occasion de la journée de la femme, Look&Fin est allé à la rencontre de Therecia Landell, une femme entrepreneure dans le secteur du développement immobilier et qui a fait appel à Look&Fin à hauteur de 1,5 million € pour financer un projet de bureau de 5000m2 situé avenue Louise à Bruxelles. “Croyez en vous, soyez fières de ce que vous faites, ne soyez pas trop critiques envers vous-mêmes et soutenez-vous mutuellement “ est le message qu’elle tient à faire passer aux femmes du secteur immobilier ! Expertise, financement et tendances de marché : rencontre avec une femme engagée et passionnée par son métier !
Therecia, qui êtes-vous ? Qu’est-ce qui vous a amené à devenir fondatrice et dirigeante d’une société de développement immobilier?
Therecia Landell : Je suis suédoise, de formation d’ingénieur en construction et c’est mon environnement familial qui m’a amené à l’immobilier. Très jeune, je me souviens que j'accompagnais mon père sur les chantiers. C´était pour moi clair que ce serait mon métier plus tard ! J’ai donc tout naturellement commencé à travailler dans l’entreprise familiale, dans le domaine de la promotion immobilière. Ensuite, je suis arrivée en Belgique. À l’origine, c’était pour un projet de 6 mois. Cependant, la Belgique m’a adopté et cela fait maintenant 30 ans que je travaille dans l’immobilier en Belgique !
J'ai d’abord travaillé chez CB Richard Ellis, au département développement. Chez eux, ma fonction était de chercher des opportunités avec des biens immobiliers à développer. Puis, je suis entrée chez Eaglestone où j'étais actionnaire et managing director durant une dizaine d’années.
En 2020, avec toute cette expérience, j’ai décidé de réorienter ma vie professionnelle en me consacrant au développement à temps plein de ma société déjà existante, LANCON. LANCON est un acteur de niche de l'immobilier bruxellois spécialisé dans le développement de bureaux et le résidentiel dont le credo est le suivant : il est possible d'intégrer les fondamentaux de l'immobilier - savoir-faire technique et financier - dans une approche centrée sur les valeurs individuelles et sociétales (écologie, dialogue avec les habitants, qualité architecturale, etc...).
En 2021 nous avons fait l’acquistion, en association avec Anne-Catherine Galetic (une autre femme dans le développement immobilier) deux immeubles situés rue des Deux Eglises 41-43 et 45, siège historique du CDH (Centre Démocratique Humaniste), construits en 1961 par le PSC (Parti Social Chrétien). Notre intention était de rénover ces bâtiments emblématiques chargés d'histoire, dans le plus grand respect du patrimoine.
Récemment, après avoir finalisé la rénovation de l'immeuble, nous avons finalisé la vente de ce projet, « l'immeuble POP », à la SABAM.
J'aime travailler avec d’autres personnes et je m’associe généralement pour la réalisation de mes projets. Notre projet le plus récent – « le L375 » - est en association avec Philippe Gillion (MACAN). Cet immeuble de bureaux de 5000 m², avenue Louise, fera l'objet d'une lourde rénovation ce printemps.
Ce que j’aime particulièrement dans mon métier c'est que je peux laisser une empreinte dans la ville en contribuant à un développement urbain durable avec un accent particulier sur le design et l'architecture. C’est aussi un métier très diversifié qui nécessite diverses compétences: il faut maîtriser les aspects juridiques, techniques, financiers…
Quelle est la place des femmes dans le secteur immobilier ?
Therecia Landell : En général, l’immobilier reste un univers très masculin où les femmes sont en minorité, environ 20% des professionnels. Mais ce chiffre est encore plus faible si on fait un focus sur les postes de direction. On croise de plus en plus de femmes dans des postes de middle management ce qui démontre que le métier évolue et intéresse de plus en plus de femmes. C’est très positif ! Si on regarde les typologies de métier du secteur, il y a aussi de grandes disparités. Il y a beaucoup de femmes architectes mais les métiers de la construction restent encore très majoritairement masculins.
Par contre, en tant que femme active depuis 30 ans sur ce marché, je n’ai jamais senti d’a priori négatifs parce que j’étais une femme.
Si j’avais un message à faire passer, je dirais aux femmes : “croyez en vous, soyez fières de ce que vous faites, ne soyez pas trop critiques envers vous-mêmes et soutenez-vous mutuellement !”
D'ailleurs il existe en Belgique le Cercle Belge des Femmes de l’immobilier (CBFI) ( l'union des femmes belges dans l’immobilier.) qui regroupe des femmes cadres dirigeantes en vue de créer un espace d’échange et de bonnes pratiques de nos métiers respectifs en pleine évolution.C’est une association où l’on entre par cooptation. Il compte aujourd’hui plusieurs dizaines de femmes membres, toutes actives dans des métiers qui forment les piliers du secteur immobilier : investisseurs, promoteurs, architectes, ingénieurs, entrepreneurs, avocats et juristes, gestionnaires d’actifs, banquiers …
Nous avons travaillé ensemble pour le financement de votre projet - L375 Avenue Louise - quel est votre retour d’expérience ?
Therecia Landell : Avec mon associé Philippe Gillion nous avons fait appel à Look&Fin à hauteur de 1,5 million € pour notre projet « Avenue Louise 375 » à Bruxelles. Ce projet consiste en l'acquisition d'un immeuble de bureaux de 5.000 m2 qui fera l’objet d’une rénovation complète.
J'ai été réellement surprise par le professionnalisme des équipes et la facilité du processus ! J’avais vraiment envie de tester ce mode de financement.
Pourquoi je me suis tournée vers le crowdlending ? Aujourd'hui, les conditions bancaires ont changé. Avant, la question ne se posait pas, nous n’avions pas besoin de chercher des alternatives à la banque.
Ce premier test nous a convaincus et j’envisage de faire à nouveau appel à ce mode de financement pour de nouveaux projets.
Pour finir, quelles sont les tendances et les perspectives du secteur immobilier ?
Therecia Landell : Je pense que la prudence est la grande tendance actuelle.
Nous sommes très prudents dans le choix des projets à développer car nous avons moins de visibilité qu’auparavant. Je pense que notre secteur vit aussi un retour aux fondamentaux : nous sommes très vigilants avant de nous lancer et analysons les deux aspects fondamentaux que sont la localisation d’un projet et son prix d’acquisition.
Nous devons aussi constamment être agiles, nous adapter aux nouvelles tendances et aux changements qui marquent notre secteur. La crise sanitaire a accéléré les tendances en matière d’organisation du travail (co-working), le développement de projets plus efficaces sur le plan énergétique, l'intégration plus poussée de la durabilité avec les certificats PEB (performance énergétique du bâtiment), et,… Nous devons donc anticiper ce qui va arriver, en termes de nouveaux enjeux de durabilité, de consommation, ou bien encore sur les surfaces recherchées pour les appartements, les bureaux.
Par ailleurs, 60% du parc immobilier en Belgique a été construit avant 1981. C’est un marché qu’il va falloir rénover pour répondre aux nouvelles normes.
Concernant l’immobilier de bureau, les surfaces recherchées par les entreprises vont aussi diminuer et il y aura de nombreuses opportunités pour reconvertir ces surfaces.
Mais dans chaque changement, je suis convaincu qu'il y a beaucoup d'opportunités et nous sommes là pour les saisir !
En termes de prix de vente, ceux-ci ne diminuent pas, ils ont plutôt tendance à être stables. En revanche, le rythme des ventes a ralenti: le baromètre des notaires montre qu’il y a 40% de vente en moins en ce début d’année, nous sommes donc dans une période d’attente et d’observation.
Sur le marché de l’immobilier de bureaux, nous constatons que les loyers restent très élevés à Bruxelles. Les entreprises se tournent beaucoup vers le neuf, délaissant les bureaux non rénovés. Le loyer moyen au mètre carré dans le quartier Léopold est actuellement de 330€, c’est le plus élevé de l’histoire !
Enfin, au niveau de la construction, tous les coûts ont fortement augmenté, avec un pic à fin 2022. J’ai néanmoins l'impression que c’est en train de se stabiliser et que nous n’allons pas subir de nouvelles hausses de cette ampleur dans les mois qui viennent.
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