Thomas Dermine : “Les PME seront inévitablement des maillons essentiels de la relance”

Thomas Dermine : “Les PME seront inévitablement des maillons essentiels de la relance”

07/04/2022 - Communication publicitaire Financement entreprise

Thomas Dermine, Secrétaire d'État pour la Relance et adjoint au ministre de l’Économie du gouvernement fédéral, a répondu aux questions de Look&Fin pour nous faire un point d’étape, un an après le début de la mise en œuvre des actions prévues par le Plan de relance en Belgique. Rencontre.

 

Il y a un an, vous nous aviez présenté les actions prévues par le Plan de relance que la Belgique avait soumis à l’Europe, où en est-on dans sa mise en œuvre?

Thomas Dermine : Nous n’avons pas chômé ! Les projets du Plan de relance sont bien en marche. Depuis avril dernier, 17 objectifs de mise en œuvre (appelés jalons quand ils sont qualitatifs et cibles quand ils sont quantitatifs) ont déjà été réalisés. D’ici à l’été s’y ajouteront les 6 objectifs encore attendus pour compléter notre première demande de paiement à adresser à la Commission européenne pour un montant de 850 millions d’euros. Parmi les objectifs déjà réalisés, on notera par exemple une première étape dans le dossier de numérisation de la Justice, de la plateforme en ligne pour faciliter les interactions entre l’administration bruxelloise et les citoyens/entreprises, de la mise en place de la 5G, de l’économie circulaire en Flandre, ou encore des mesures incitatives pour la mobilité à faible émission. 

Si l’on jette un œil sur l’année prochaine, ce seront pas moins de 84 objectifs qui devront être atteints d’ici à avril 2023. D’après les informations collectées durant notre dernière vague de rapportage de la mi-mars, 85% de ces objectifs sont en bonne voie d’être atteints sans aucun délai. Les 15% des objectifs restants accusent un léger retard, que mon équipe suit évidemment avec la plus grande attention. L’immense majorité de ces petits retards n’est toutefois pas problématique et ne devrait avoir aucune incidence sur le versement des prochaines tranches de financement européen. Très bientôt, tout un chacun pourra suivre la mise en œuvre progressive des projets du Plan de relance sur un site web dédié.

 

Le plan de relance doit, comme son nom l’indique, permettre à l’Etat fédéral et aux Régions de mener certains travaux de reconstruction mais il doit aussi jouer un rôle pour soutenir la compétitivité de nos PME. Y a-t-il des actions précises de soutien de nos entreprises initiées dans le cadre du plan de relance que vous pouvez nous expliquer ?

Thomas Dermine : Bien sûr ! Les indépendants et PME seront inévitablement des maillons essentiels de la relance. Grâce aux projets d’investissements prévus dans le plan, des entreprises vont se voir confier des contrats pour isoler des bâtiments, construire des pistes cyclables, développer des outils digitaux, équiper des hôpitaux, etc. Ils auront pour ce faire besoin de bras, de cerveaux et de fournitures en tout genre, ce qui boostera l’emploi. Pour encourager les PME à participer à cet effort de relance, un plan d’action pour calibrer au mieux les marchés publics à leur réalité est en préparation. Plus directement, il y a dans le plan un certain nombre de mesures qui visent à leur faciliter la vie, notamment dans le domaine de la simplification administrative via la numérisation de plusieurs outils. Enfin, il faut également mentionner les 750 millions d’euros investis à travers la SFPI dans le Fonds de transformation dans les années qui viennent  et qui pour rappel, pourra soutenir les entreprises à partir de 5 ETP sur les trois volets : solvabilité, relance et transition environnementale. 
 

La crise sanitaire a laissé place à une autre crise, celle de la guerre en Ukraine. Cela a-t-il aussi un impact sur le Plan de relance actuel ou faudra-t-il définir un deuxième plan au cours de cette législature ?

Thomas Dermine : Les projets du Plan de relance que nous avons remis à l’Europe ne bougeront en principe pas. Il s’agit de bons projets qui contribuent au redéploiement de notre économie et à la double transition numérique et climatique. Cependant, l’invasion russe en Ukraine, comme l’avait d’ailleurs fait la pandémie de Covid-19 auparavant, doit nous pousser à réfléchir à notre autonomie stratégique dans certains secteurs clés. Le secteur des biotechnologies et de la pharmaceutique en font certainement partie. La Belgique s’est d’ailleurs récemment engagée avec 15 autres États membres à rejoindre un ambitieux projet européen lié à l’innovation dans le secteur de la santé. Mais le secteur de l’énergie est évidemment celui qui retient toute notre attention ces dernières semaines. Dans ce domaine, le gouvernement fédéral a également approuvé il y a quelques jours un paquet énergie qui comprend notamment un peu plus de 300 millions d’euros d’investissements supplémentaires dans le domaine de la production d’énergie renouvelable. Cette enveloppe viendra renforcer des projets du Plan de relance et seront d’ailleurs intégrés au suivi du Plan. Nous boostons donc encore un peu plus nos ambitions en termes d’investissement public. 
 

L’actualité, c’est aussi l’inflation et la flambée des prix des matières premières, quel message aimeriez-vous faire passer aux entrepreneurs de PME de notre pays qui en souffrent ? 

Thomas Dermine : C’est davantage une question à adresser aux ministres de l’économie et de l’énergie (…). Il s’agit d’un choc externe – les prix des matières premières et de l’énergie sont déterminés sur les marchés internationaux et notre pays ne peut que les subir. Dans ce contexte, il y a pour moi deux éléments fondamentaux : (1) Lutter contre la précarité énergétique des ménages – s’assurer que tout un chacun puisse continuer à se chauffer et s’éclairer sans devoir sacrifier d’autres besoins essentiels. (2) Saisir l’opportunité que représente cette hausse des prix de l’énergie pour (a) pousser le développement des énergies renouvelables & (b) réduire notre consommation énergétique ; en isolant nos bâtiments, en améliorant nos processus de production et en modifiant notre manière de nous déplacer. L’Etat doit pouvoir soutenir les ménages et les entreprises sur cette voie, bénéfique à la planète et à l’ensemble de la population.

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