Business Angels versus Crowdlending

Business Angels versus Crowdlending

12/11/2021 - Communication publicitaire Crédit entreprise Financement entreprise Placement

Le Business Angels est un particulier qui investit au capital d'entreprises innovantes au fort potentiel de développement et en phase de démarrage. Comment fonctionne cette activité par rapport au crowdlending, quel est le profil de ces investisseurs ? Dans quels types d’entreprises investissent-ils, sous quelle forme et à quel horizon ? Quelles sont les grandes règles pour se lancer ?

Pour répondre à ces questions nous sommes allés à la rencontre de Claire Munck, CEO de BeAngels, le réseau le plus important de Business Angels en Belgique.

 Claire Munck, CEO de BeAngels

Pouvez-vous nous présenter BeAngels et quel est le profil des membres de ce réseau ?

Claire Munck : La mission de BeAngels est de connecter des entrepreneurs brillants à des investisseurs expérimentés, les Business Angels. Nous aidons ainsi des entreprises innovantes à se lancer et à se développer. Comme le crowdlending, nous proposons une alternative aux acteurs classiques (banques, venture capitalists, organismes de soutien nationaux ou régionaux). Notre communauté compte 370 Business Angels et depuis 21 ans nous avons bouclé 380 levées de fonds pour un total de 50 millions d’euros.

Contrairement aux idées reçues, le Business Angels n’est pas forcément un multi millionnaires. Ce qu’il faut avoir en tête, c’est que le Business Angels doit être prêt à investir en equity au capital d’une société pour en obtenir des parts et en devenir actionnaire. Il doit aussi avoir conscience que c’est un investissement long terme, avec une immobilisation des fonds investis et une prise de risque élevée. Cet investisseur doit aussi, dans l’idéal, pouvoir s’impliquer et être actif dans le développement de la société pour laquelle il devient actionnaire : lui faire bénéficier de son réseau par exemple pour l’aider à conquérir de nouveaux clients, de nouveaux marchés etc. C’est une sorte de partenariat gagnant-gagnant puisque la rentabilité du business angels dépend de la réussite de la start-up. L’objectif final du Business Angels étant son retour sur investissement, avec un TRI tout en ayant un impact sur l’économie réelle.

Quels types de sociétés proposez-vous à votre réseau et comment cela fonctionne-t-il? 

Claire Munck : Tous les mois nous avons un forum avec une pré-sélection de business innovants qui sont présentés à notre réseau. Ce dealflow concerne exclusivement des jeunes sociétés innovantes en phase de démarrage mais qui présentent toutes un fort potentiel de développement. Innovantes, ne veut pas forcément dire technologique. On peut être innovant sur un secteur très traditionnel. 

Ces sociétés ne sont donc pas du tout encore au stade de la rentabilité. Les Business Angels se positionnent au tout début de la chaîne de financement. Le crowdlending, qui intervient plus tard lorsque la société a atteint une certaine maturité et rentabilité, est donc un mode de financement complémentaire à notre activité.

Nous sommes ouverts à tous les secteurs d’activités sauf à l’immobilier et l’Horeca. L’immobilier est un secteur avec des spécificités particulières et qui se finance généralement plutôt par la dette que par de l’equity, d’où le succès de Look&Fin et du crowdfunding immobilier sur cette thématique.

Le rôle de BeAngels n’est pas de procéder à une analyse détaillée de chaque société candidate à une levée de fonds, comme le fait par exemple Look&Fin avant de proposer des projets sur sa plateforme. C’est au Business Angels de faire sa propre analyse après la première rencontre. Cela nécessite donc d’avoir une certaine vision, une certaine connaissance du marché visé par exemple. 

En fonction du pourcentage obtenu dans la société - suite à son investissement en equity - le degré d’intervention du Business Angel sera donc plus ou moins important, là où à l’inverse l’investisseur en crowdlending, n’intervient jamais dans la société à laquelle il prête son épargne.

Il faut compter en moyenne 7 ans pour la durée de ce type d’investissement en private equity, donc une immobilisation long terme de son capital. Les tickets d’entrée se situent entre 10.000€ et 25.000€ par société et par tour de table. Ce type d’investissement n’est donc pas accessible à tous comme peut l’être le crowdlending.

Quelles sont les grandes règles si on a envie de devenir un Business Angels?

Claire Munck : Dans l’univers du private equity auquel les business angels appartiennent, cette allocation d’actifs ne doit pas dépasser 5 à 10% de son patrimoine total, car rappelons le, la prise de risque est élevée. En termes de diversification, il est conseillé, comme pour le crowdlending, de définir au préalable une enveloppe totale du montant que l’on souhaite investir. On considère ensuite qu’un portefeuille est diversifié si celui-ci est composé d’une dizaine d'investissements. La perte d’un ou plusieurs investissements doit pouvoir être comblée par d’autres qui sur-performeront.

Enfin, rappelons à nouveau le facteur temps : un placement long terme (7 ans en moyenne mais avec une durée non déterminée; pour 36 mois en moyenne déterminée pour le crowdlending) et du temps à consacrer pour pouvoir jouer son rôle d’actionnaire, le plus activement possible pour aider la société soutenue à grandir et espérer un retour sur investissement avec un TRI et un multiple les plus performants possibles !

 

 

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