L’immobilier résidentiel résiste

L’immobilier résidentiel résiste

14/12/2020 Promotion immobilière

La pierre résiste, elle a été à peine ébranlée par le premier volet de la crise sanitaire. Mais cette crise n’est pas sans conséquence et les effets que vont provoquer la seconde vague ne sont pas encore connus. Nombreux sont déjà les professionnels de l'immobilier qui subissent les durcissement des conditions d’accès au crédit alors qu’ils sont à la recherche de fonds pour financer une opération de promotion. Même son de cloche chez les particuliers qui souhaitent financer l’acquisition d’un logement, l’accès au crédit semble plus difficile. Analyse des marchés belges et français.

Le Covid versus le marché immobilier belge

Selon une étude menée auprès des grandes banques belges KBC, ING, Belfius, et BNP, les prix des placements immobiliers devraient baisser pour la première fois depuis près de 40 ans suite à la crise du Covid-19.

Ces acteurs anticipent un recul des prix à court terme de 1% et 3% mais avec un retour à la stabilité en 2021. Cette baisse attendue est toutefois estimée légère. En effet, compte tenu de la volatilité des marchés financiers, l’immobilier reste une valeur sûre pour les investisseurs, ce qui a plutôt tendance à soutenir les prix du marché. Les spécialistes s’attendent à ce que le contexte actuel rééquilibre le marché immobilier avec un resserrement des conditions d’octroi des prêts hypothécaires, une offre plus abondante compte-tenu des besoins de liquidités court-termes de certaines personnes physiques ou morales suite à la crise et enfin le report d’achat de certains primo-acquéreurs qui resteront donc locataires plus longtemps.

Marché résidentiel à deux vitesses entre les régions belges

Le confinement aurait accentué certaines différences entre les régions. Les marchés wallon et flamand sont plus soutenus. La population recherche des biens pour y résider et plus spécifiquement avec un jardin, depuis la première phase de confinement. Du côté bruxellois, le reprise serait plus lente sur ce marché qui est plutôt porté par les investisseurs et les locataires.

Payer plus pour obtenir la perle rare

Le phénomène qui émerge le plus avec cette crise sanitaire, c’est le fort engouement pour les biens disposant d’un extérieur. Les particuliers seraient prêts à tout pour obtenir le précieux sésame.

Le magazine flamand De Standaard rapporte que le marché résidentiel des principales villes de Flandre est en pleine explosion post confinement. Le magazine indique que les particuliers se bousculent et sont prêts à tout pour décrocher un rendez-vous afin de pouvoir visiter des nouvelles maisons ou appartements. Ces biens immobiliers à la vente connaissent une surenchère au moment de leur vente, les prix peuvent s’envoler jusqu’à 40% au-dessus du prix proposé pour pouvoir accéder à la maison de leurs rêves.

Même son de cloche en Wallonie rapporté par l’Echo, où des maisons avec jardin seraient acquisent à un prix 20% plus cher que la valeur de l’expertise; certains acquéreurs pousseraient encore plus la surenchère.

Côté placement, Bruxelles reste la région où les prix restent les plus élevés mais les plus stables aussi, une hausse des prix de +3,9% en moyenne est affichée actuellement pour une maison ordinaire qui se vend aux alentours de 500.000€. En Flandre, une maison similaire se vend en moyenne 300.000€ et en Wallonie 206.000€.

En France, pas de krach de l’immobilier en vue

Selon les Echos, la pierre résiste même si le nombre de transactions sera forcément plus faible que l'année dernière à cause du confinement (918.000 ventes estimées en 2020, contre 1.059.000 en 2019). Mais ce chiffre équivaut au niveau de l’année 2017 qui reste à ce jour la troisième meilleure année en termes de volumes de transactions a indiqué MeilleursAgents dans son baromètre à fin septembre. Ce dernier estime qu’il est difficile d’imaginer les prix de l’immobilier chuter. La tendance reste même globalement haussière avec + 1,9 % entre septembre 2019 et septembre 2020. Signe du bon moral qui persiste chez les Français envers l’immobilier, ils sont 35% à envisager de déménager.

Selon les notaires, d’après le magazine Mieux Vivre Votre Argent, le secteur de l’immobilier résidentiel devrait rester préservé du fait d’un marché d’utilisateurs. Pour prendre l’exemple de Paris, si le nombre de demandes pour une offre a certes baissé, passant de dix acquéreurs pour un vendeur à cinq pour un, il demeure un marché de pénurie. Ailleurs, la pénurie est aussi engendrée par une baisse record dans la délivrance de nouveaux permis de bâtir, principalement suite aux élections municipales. La psychologie des vendeurs a évolué, ces derniers ayant moins de prétentions et se montrant moins exigeants. L’immobilier reste donc plus que jamais une valeur refuge.

Un effet de rattrapage post confinement ressenti

La Fédération royale du notariat belge (Fednot) a indiqué dans son baromètre immobilier publié à fin septembre que l’activité immobilière était restée soutenue au troisième trimestre de 2020. Le nombre de transactions sur les neuf premiers mois de l'année reste toutefois de 3,5% inférieur par rapport à 2019. Cependant, au troisième trimestre l’activité du secteur immobilier a bondi de 11% en Belgique par rapport à la même période en 2019.

Le nombre de demandes de crédit hypothécaire est également en hausse au troisième trimestre 2020, +9% selon Febelfin, la fédération du secteur financier. 58.000 nouveaux contrats ont été signés sur cette période pour un total de 8,3 milliards d’euros. Même si la demande de crédit hypothécaire est en hausse, les 58.000 nouveaux contrats signés représentent une baisse de 17% par rapport à la même période en 2019. Ces chiffres traduisent tout de même un certain dynamisme et il faut compter 3 à 4 mois entre l’obtention d’un crédit et la signature d’un achat. Cet effet de rattrapage devrait donc se poursuivre dans les prochains mois. Mais rien n’est désormais sûr avec la seconde vague du Covid qui se traduit par de nouvelles restrictions d'activité.

Nouveau confinement, quel impact?

Post premier confinement et déjouant la plupart des pronostics, le secteur immobilier avait étonnamment bien tenu et la reprise du troisième trimestre redonné une certaine confiance à la fois aux professionnels du secteur, investisseurs, banques sans oublier les particuliers.

Ce nouvel épisode de confinement pourrait fragiliser à nouveaux certains projets d'autant plus que les banques pourraient encore plus resserrer les conditions d'octroi de crédit. Ceci impactera l’offre et la demande immobilière à terme. Le manque de visibilité et le climat anxiogène qui s’est installé pourrait aussi se répercuter à court terme sur le besoin immobilier. Mais si le reconfinement est limité à 4 semaines, et qu’il n’y a pas d’aggravation des destructions d'emplois, les projets immobiliers pourraient repartir fortement selon le président du réseau d’agences immobilières Laforêt, Yann Jehanno.

La bonne nouvelle, c’est que le secteur est désormais mieux préparé et digitalisé pour poursuivre une certaine activité, ce qui devrait permettre de conclure jusqu’à la fin de l’année les projets déjà bien engagés.

Articles liés

Rencontre avec Pierre Demolin, co-fondateur de Broperties

Broperties est une activité de marchand de biens, lancé il y a une quinzaine d'années par les frères Pierre et David Demolin. Pouvez-vous nous...

Lire la suite

Les différentes facettes du Marchand de biens

Le Marchand de biens, à la différence du promoteur, ne mène pas d’opération de promotion immobilière, il ne construit pas à proprement parler un bien immobilier....

Lire la suite

Le crowdlending immobilier, un allié de choix pour le Marchand de biens

Sur les 3 derniers mois, Look&Fin a accompagné plus d’une dizaine de projets de marchands de biens en Belgique et en France pour près de 4 millions...

Lire la suite

Quel avenir pour l’immobilier français en 2021 ?

Bien que le secteur ait enregistré une chute de -80% sur les volumes de transactions lors du premier confinement, ménages et investisseurs se sont précipités...

Lire la suite

Interview : Cédric Gonzalez – NG Promotion / Wisdom Finance Holding

"Plus votre activité grossit, plus vous aurez besoin de fonds propres." "Je cherchais avant tout un partenaire financier qui nous permette de garder...

Lire la suite

Immobilier belge, à quoi s’attendre en 2021 ?

En attendant de retrouver une certaine normalité, que les experts espèrent notamment grâce à l’arrivée du vaccin, la crise pandémique a contribué et contribue...

Lire la suite

Interview : Joseph Nossin, Directeur Général du Groupe MDH Développement Immobilier & Construction

 “La crise sanitaire fait évoluer nos modes de financement et le crowdlending nous ouvre de nouveaux horizons”.   Pouvez-vous nous présenter...

Lire la suite

Rencontre avec Marc Charles, promoteur spécialisé dans l’immobilier résidentiel

Rencontre avec Marc Charles - LIVINGSTONES & GIA IMMOBILIER - un promoteur spécialisé dans l’immobilier résidentiel Deux projets immobiliers...

Lire la suite

Le crowdlending : nouveau pilier du secteur immobilier

Un nouveau record de 12 millions € de financements octroyés à l’immobilier depuis début 2020. Avec des exigences bancaires qui tendent à se durcir pour...

Lire la suite

Le promoteur CORES Development lève 1 million € en 7 secondes

Le promoteur immobilier CORES Development vient de faire appel à la plateforme de crowdlending Look&Fin pour accompagner sa croissance, diversifier...

Lire la suite

Quels placements pour 2020 ?

Un taux minimum de 0,11% sur votre livret d’épargne, voire moins sous peu. Cela vous tente ? Pas simple, la vie des épargnants depuis quelque temps. Si...

Lire la suite

Le crowdlending immobilier en France, 1ères tendances 2019

Le baromètre du crowdfunding immobilier compilé par Fundimmo, plateforme française de crowdfunding 100% immobilier, révèle que le crowdlending immobilier...

Lire la suite

PropTech : l’immobilier fait sa révolution numérique

Qu'est-ce que la PropTech ?  Quelles technologies ? Pour quelles utilisations ?  Smart buildings & cities Près de 130 start-up...

Lire la suite

Le crowdlending immobilier gagne du terrain

Wilhelm&Co, Acasa, Elitis Real Estate (groupe Wilink), ... De plus en plus de PME actives dans le secteur de l’immobilier ont recours au crowdlending....

Lire la suite

Interview de François Jacquet de Haveskercke : Head of Real Estate

Le crowdlending permet au grand public d’investir dans des projets immobiliers à un taux avantageux. Ainsi, 20% des montants levés via Look&Fin...

Lire la suite

Investir dans l’immobilier : un placement rentable ?

Depuis de nombreuses années, l'évolution globale des taux sur les prêts immobiliers est orientée à la baisse, tant en Belgique qu’en France. Au lendemain...

Lire la suite

Le promoteur immobilier belge ACASA group lève un montant record de 1,5 million € en 4 minutes via le crowdlending

ACASA group, vient de lever 1,5 million € via la plateforme de crowdlending belge Look&Fin en seulement 4 minutes auprès de 526 particuliers. Les fonds...

Lire la suite

Agréé FSMA

Look&Fin est immatriculé en tant que Plateforme de Financement Alternatif

Membre fondateur

Membre