Comment réinventer la banque ?

Comment réinventer la banque ?

13/09/2019 Placement

Incertitudes conjoncturelles sur fond de tensions commerciales, taux durablement bas, contraintes réglementaires renforcées, mutation technologique sans précédent et nouvelles concurrences… Le secteur financier est confronté depuis une quinzaine d’années à une série de défis inédits, surtout en Europe. Le banquier de papa n’est plus mais quel est le futur du secteur bancaire ?

Le leitmotiv : réduire les coûts

Les banques vivent de la différence (“le spread”) entre les taux pratiqués à long terme (les taux des prêts hypothécaires principalement) et à court terme (les taux rémunérant l’épargne). Il y a quelques années encore, les taux à long terme étaient plus élevés que ceux à court terme mais cette différence s’est réduite comme peau de chagrin. Les taux ne devraient par ailleurs pas remonter avant plusieurs années. Les banques voient donc leurs revenus s’amenuiser. En réaction, elles réduisent leurs coûts de fonctionnement, restructurent, digitalisent, augmentent leurs tarifs et leurs volumes par des rachats

Une autre solution : lancer de nouveaux produits

Les taux d’intérêt ne représentent plus une masse suffisante pour générer un profit adéquat et les tarifs et commissions font face à une question pertinente : comment continuer à facturer un service dont le consommateur ne perçoit plus la valeur ! Mais tout n’est pas noir pour les grands argentiers. A en croire Mathias Dewatripont, professeur à la Solvay Business School, “ les banques belges sont plus rentables que leurs consœurs allemandes. KBC est par exemple une des banques les plus profitables du continent, et vaut davantage en Bourse que la Deutsche Bank “. Il souligne également que " les crédits hypothécaires génèrent toujours des rentrées, sinon les banques privées n’en accorderaient tout simplement plus ". Les crédits hypothécaires sont en outre un produit d’appel permettant aux banques de fidéliser le client sur le long terme, tout en lui vendant d’autres produits. Il n’en reste pas moins que pour Etienne de Callataÿ, économiste et administrateur de la société d’investissement Orcadia, " de manière générale, on peut dire que l’activité classique des banques décroît. La crise a eu pour conséquence de réduire l’intermédiation bancaire ".

Face à cette évolution, certaines banques ont pris le virage des produits d’assurance. D’autres ont même décidé d’investir dans des secteurs tout à fait étrangers à la finance. C’est de longue date la stratégie de CM11, la principale entité du groupe français Crédit Mutuel, qui fournit des produits d’assurance et de prévoyance, et depuis 2018, des forfaits de téléphonie mobile. Le Crédit Mutuel CM11 a d’ailleurs renforcé cette diversification en lançant Moov, une solution de location de vélos à assistance électrique (VAE) avec option d'achat couplée à une solution de financement pendant 36 mois, une assurance facultative, un service d'entretien et une assistance.

En Belgique, les initiatives de ce type sont plus timides. Belfius propose par exemple de réaliser de petits achats directement via son application mobile. Les clients peuvent aujourd’hui payer leur ticket de bus ou leur plein d’essence grâce à l’interface de la banque. Beobank propose de son côté Beobank Home Secure, un système d’alarme connecté pour les habitations. L’abonnement complet comprend la mise à disposition et la maintenance du système d'alarme ainsi qu'un service de télésurveillance 24h/24. 

Mais en fin de compte, alors que les banques ont étendu leurs offres de services, leur cœur de métier n'a pas évolué significativement, à quelques exceptions près comme la protection (épargnes et assurances) et le conseil financier à destination des clients. Et pourtant, les banques disposent d’une ressource qui vaut son pesant d’or : les données de leurs clients. Elles connaissent nos revenus et savent ce que nous achetons, un dernier point sur lequel elles sont concurrencées par les Gafam… qui se lancent elles aussi dans les services financiers (Libra, Apple et Google Pay, etc.).

L'open banking, nouvelle menace pour les banques ?

Annoncé comme le Big Bang du secteur bancaire européen, l’open banking devait être mis en place ce 14 septembre mais sera reporté dans de nombreux pays européens. Initié par la directive européenne DSP2, l’open banking contraint les banques européennes à mettre des données clients brutes à la disposition d’acteurs non-bancaires en utilisant les API (application programing interface : interface de programmation). Ces nouveaux acteurs peuvent alors créer de nouveaux services à destination des clients des banques. La banque de demain devra être ouverte, proposer une offre d’outils et de solutions digitales et partager données, transactions et algorithmes avec des partenaires, notamment des fintech, afin de diversifier leur offre.

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